Il y a des stigmates invisibles.
Banlieue : Mise au banc
classe relai...
SEGPA...
L'espace public...
Éducateur spécialisé depuis 2012, je constate tous les jours le fossé qui se creuse entre les valeurs pour lesquelles je me suis lancé dans ce métier et leur utilisation sur le terrain. Parfois (souvent...) je n'y comprends rien ! Pourtant, je suis sûr qu'il existe des pratiques qui méritent d'être exposées, partagées... Alors parlons en, écrivons, partageons...
jeudi 14 juin 2018
mercredi 13 juin 2018
Riche...d'Humanité !
D'un mois à l'autre toujours la même réalité...
D'un mois à l'autre une fiche de paye...Qui
D'un mois à l'autre...
Pourtant d'un jour à l'autre je me sens plus riche...
D'un jour à l'autre la rencontre me nourrie...
D'un jour à l'autre je prends conscience un peu plus de la réalité qui nous entoure...De ses travers mais aussi de ses richesses.
D'un jour à l'autre la différence me passionne dans sa complexité... Pas d'épargne possible,
Il n'y a pas de fond,
Plus j'ai l'impression de m'en rapprocher, plus le fond se dérobe. Source d'angoisse ? Non le vertige de la complexité humaine, n'effraie pas... Sure que le parachute n'est pas doré.
Plus j'ai d’expérience moins je me rend compte que je sais. Constat d'une ignorance...Non ! toutefois l'ouverture d'un livre me conforte dans le fait que...je ne sais pas...et...tant mieux !
Alors, plus j'avance plus je me passionne face à l'infinité et la complexité de la rencontre à l'autre.
Enfin de compte, le compte est bon...riche je le suis de femmes, d'hommes, d'adolescents...de travers, de diversités, d'ouverture d'esprit, de zone de confort, de remise en question chaque matin, d'imprévues, d'"un merci", d'un papier obtenu, d'émotions quotidiennes, de silences, de questions, de remises en question...
Comblé aussi sans aucun doute... d'Humanité !
J'en suis désormais sure : mon travail n'est pas chiffrable et peu d'actionnaire sont aussi riches que je le suis.
Jérémy
vendredi 8 juin 2018
jeudi 24 mai 2018
"La loi, la limite et...moi "
Il est de bon aloi de penser que la loi est notre cadre d'intervention...
Pourtant... Une fois qu'elle est posée on fait quoi ?
La question demeure et puis flic ou pas flic...?
Le constat : la loi peut faire barrage à l'éducatif et/ou au soin ! Pourquoi ?
La loi ne cherche pas à comprendre le pourquoi, le comment... La loi est posée, si elle n'est pas respectée la sanction tombe...Elle signale le hors la loi.
Mais, mais "plus de 20% des personnes incarcérées sont atteintes de troubles psychotiques"* et "les experts ne concluent plus à l’irresponsabilité"**...
Sans aucun doute ils étaient hors la loi mais malades aussi... Le problème n'en est pas plus réglé.
Là dedans la pratique éducative ?
Un jeune fume du shit ! Il est hors la loi, le règlement intérieur le stipule, la loi sanctionne...et puis il le sait, il est en structure pour ça !
Continuer à poser la loi ? Ou comprendre ce qui se passe pour lui ? Les deux ?
Sur le file jusqu'ou va t-on ?
Pourtant il serait contre productif de se limiter à la loi. Cautionner ? Qui devient le hors-la loi de qui ? Ou est l'éducatif ?
Le carcan se resserre entre les valeurs, la loi, le jeune, l'institution, les limites internes et propre à chacun.
Il semble que cela induit la question du risque. Etre éducateur c'est parfois prendre des risques....
Pour comprendre, dénouer, mettre du sens et accompagner.
Le risque en lien avec ça propre loi symbolique, celle qui a permis à l'adulte et intrinsèquement au professionnel que nous sommes de se construire.
Face à la loi, l'éducatif à tout son sens quand il permet d'accéder à l'individu, quand au lieu de s' intéresser au produit, il s’intéresse aux raisons du produits...Au jeune et à l'adulte que nous avons en face en tant que sujet et non toxicomane, jeune délinquant, malade mentale... L'éducatif peut s'incarner par la loi, mais il ne peut se limiter à ça...L'éducatif se doit de ne pas regarder à côté, de ne pas faire comme-ci il n'avait pas vu sous prétexte de la loi. La loi peut lui troubler la vue.
L'éducatif a les clefs pour comprendre et permettre une évolution de certains comportements, certaines attitudes quand la loi elle va venir renforcer ces attitudes.
Jérémy
*https://oip.org/decrypter/thematiques/sante-mentale/
**https://oip.org/decrypter/thematiques/sante-mentale/
mardi 22 mai 2018
Il n'avait que 19 ans...
RE:
Il n'avait que 19 ans.
Jeté en France à peine ado, sans famille, sans amour, sans foi ni loi.
A 16 ans il passe une frontière voisine, toujours pas de papier, ni d'amour..
Un "ami" de la famille lui met un pied dans les embrouilles, il met le deuxième tout seul.
Il faut envoyer de l'argent au bled, aider son frère aîné a payer ses études, lui qui n'en fera jamais.
Il n'avait que 19 ans.
Il vol, pour manger, payer un loyer, rendre la pareille à ses parents qui lui ont donné cette chance qu'est la France..
Il grandit.
Il rentre en France, tombe amoureux, se mari, fonde sa famille.
11 ans passent depuis ses 19 ans, 11 années.
Il travaille comme un acharné.
Maintenant, il retourne voir ses parents plusieurs fois par an.
Il construit même une maison la-bas pour qu'il puisse partir plus tranquille avec sa femme et sa fille.
Une fois de plus, un voyage de plus. Cette fois il ne décolle pas.
Il est arrêté.
Il n'avait que 19 ans.
Deux mois enfermé, "la pire prison d’Île de France"
Deux mois sans voir sa fille...deux mois.
Deux visites par semaines de sa femme dans un 3m2, la crasse, l'odeur...
Deux mois sans intimité...
Deux mois de surveillance acharnée, d'humiliation...
Deux mois avec les "SS", les "Iris", les "auxis", les "terros", les "pointeurs".
7h café, 7 minutes de douches tous les deux jours, promenades, parlu, baveu, gamelle du soir à 17h30, coupures d'electricité.
Deux mois, un transfert dans le pays où il a fait les 400 coups, il y a 11 ans.
une mise en liberté pour 25000e de caution, lui qui ne travaille plus, ses parents ne paieront pas, ses même parents qui n'étaient pas là il y a 11ans.
Sa femme se débrouille, il sort.
Un jugement aura lieu dans quelques mois.
Maintenant il a 30 ans. Il a pu serrer sa fille dans ses bras, embrasser sa femme.
Il se réveille à 7h tous les matins, c'est l'heure du café.
L'appartement de 60m2 lui semble immense.
Les rires de sa fille résonnent comme de jolies notes. "Tu m'as manqué mon papa je t'aime"
Il redécouvre sa femme qui a déplacé des montagnes, il en retombe amoureux.
Et puis il y a le retour à la réalité.
Il fuit ses parents qui ne l'ont pas aidé, qui ont préférés raconter qu'il avait frappé sa femme plutôt que volé, il y a 11 ans.
Il cherche du boulot, l'intérim encore et toujours.
Il commencera une formation la semaine prochaine, pour bosser dans les aéroports, à coup sure, le STIC fera voler en éclat ce nouveau projet. ce n'est que le début.
Il n'avait que 19 ans , c'était il y a 11 ans.
Aujourd'hui il a 30 ans, et il commence à payer seulement.
dimanche 20 mai 2018
qui sont les aventuriers de nos jours ?
Les ZADISTES de notre dames de landes, les rockeurs, les nuit debouistes...
Les ZADISTES de notre dames de landes, les rockeurs, les nuit debouistes...
samedi 19 mai 2018
Histoire d'or...
Histoire deux cœurs en amour pour un cœur qui bat...quelque part ailleurs.
Histoire de couples maudits par une...malédiction.
Alors histoire d'abnégation, de détermination, de larmes...de médecine, parfois...souvent...trop souvent sans doute ! Et ce sur un corps féminin culpabilisé
de ne pas y arriver.
Histoire d'une femme qui doit porter, c'est sa fonction, elle le sait depuis toujours, c'est sa fonction aux yeux de la société... Absurde.
Histoire de famille, de tumultes, d’incompréhension, de maladresse, de larmes encore...
Histoire du regard des autres et d'une société au reflet malveillant.
Histoire personnelle l'un pourrait, l'autre non alors..."je fais quoi ?"
Alors histoire deux cœurs en amour.
Histoire de vie, histoire de deux vies et d'une vie pas encore là.
Puis histoire de bêtises encore, de filiation, de sang, d'hérédité familiale, de croyance, de représentations judéo-chrétienne, de jugement à la hâte, qui trouve que c'est bien... que les pauvres orphelins ont besoin de parents mais que la procréation c'est quand même mieux... Absurde la question n'est pas là.
Histoire de peur personnelle " à votre place, vivre sans enfant je ne pourrais pas" dégât collatéral issue d'une arme de destruction massive la bêtise, jugement à la serpe.
Histoire d'un pieds de nez, deux yeux qui seront bleus et un sourire qui effacera le reste.
Leur victoire est là, leur force en est décuplée, leur amour intact.
Jérémy
Inscription à :
Articles (Atom)