samedi 21 octobre 2017

La.....ïcité !!

C'est l'histoire d'une fête de quartier comme on en mène beaucoup en prévention spécialisée, une fête où les communautés se côtoient, puisque la mixité sociale dans l'habitat est de rigueur.
Une fête où chacun vient avec...lui même, autrement dit avec lui et ce qui le compose.

Mais lui est extraordinairement complexe dans sa diversité et là pour l'autre ça pose problème. Surtout quand il s'agit de bouffe... Bah oui ! L'autre que lui, "ne mange pas de porc", et puis l'autre "il va se poser avec sa communauté" et "il vient juste pour consommer, il en à rien à foutre du reste et c'est nous qu'on paye les saucisses"... 

Bah oui... C'est lui qui a organisé la bouffe pour l'autre et puis il n'était pas obligé de le faire... Alors l'autre doit bouffer comme lui au nom de la...laïcité. 
Mais lui, enfin l'autre il s'en fou de ta laïcité, il n'en a peut être même jamais entendue parler de sa vie... Il s'en fou parce que la laïcité n'est pas l'annulation de l'autre au nom d'une prétendue mixité sociale utopique...
C'est plus complexe, et si c'est plus complexe c'est plus riche.
Alors oui il faudra deux barbecues voire 3, il faudra avec et sans aussi, il faudra autrement,
il faudra faire avec, faire avec l'autre pas pour l'autre mais pour partager avec lui.
Il faudra apprendre, s'apprivoiser, se toiser y croire et ne rien attendre.

Jérémy 

jeudi 28 septembre 2017

Traitement de la délinquance, délinquance du traitement...

Ce gamin à l'origine il vient parce que des conneries il en a fait : viré il se retrouve en exclusion/inclusion. Alors, il doit aller dans différents services de la mairie et venir voir un club de prévention spécialisée.
Une mauvaise graine...sans doute.
Pourtant, ce gamin il accroche y a pas de doute, il en a dans la caboche.
Ses passions  : le sport, le théâtre...Bordel y a pas de doute il est bon !
Dans la famille : pas simple, les parents se déchirent...Il est au milieu de ce combat avec... son petit frère.
Son refuge : le quartier, les grands, les mecs pas fréquentables... On lui reprochera.
Première garde à vue : devant les potes il fait le fier mais dans le fond...premier flippe. Il n'en mène pas large, il a eu peur, il était terrorisé 48h dans une cage...il n'a pas 15 ans...
Ordonnance de jugement, dans 6 mois un placement ! Quand ? Où ? pourquoi ?  Personne n'y comprend rien...
C'est du pénal ? De l'administratif ?
Franchement c'est un mystère...Il parait que c'est pour son bien !
De toute façon, il n'y a pas grand chose d'autre à lui dire pourtant....pourtant...personne n'en est convaincu...
Le collège, l'éducateur sportif, le service de prév...aucun ne seront sollicités...
Alors, il attendra, avec la perspective d'un placement quand? où? c'est un mystère...
Ses potes, sa famille, il pourra les voir ? Quand ? Comment ? Personne ne sait...mais c'est pour son bien...
Alors, oui il continuera à faire des conneries en bande et c'est lui qui mangera...
Il passera devant le juge, il a 15 ans, il tentera de s'expliquer à la barre, mais là c'est lapidaire, il ne pourra pas s'exprimer.  Pourtant, il voulait lui expliquer à la juge, se défendre mais se sera trop dur alors il se courbera, baffouierra et...il avouera le contraire de ce qu'il a fait...c'est plus simple et puis de toute façon aux yeux de tous il est déjà condamné...Pourtant on avait répété...
La mère demandera des droits de garde le weekend-end au moins.
La juge ne comprend pas pourquoi elle n'en a pas...Pourtant, pourtant c'est elle qui à fait le dernier jugement, elle ne s'en souviens plus.
Il ne voit plus ses parents depuis plusieurs semaines...
Au foyer : des conneries il continue à en faire.. On l'enverra en famille d’accueil mais ils n'en voudront pas... incompréhension 1200 km dans la journée allée-retour...
Le gamin est fracassé par tant de refus, d'exigence, de mépris...
Alors il continuera les conneries.
Là, c'est changement de foyer... Mais là-bas l'équipe ne cesse de tourner impossible d'avoir un repère...
Sa scolarité fait l'effet d'un vieux pull dévoré par des mites...
il ira quand même passer son brevet, mais au mois d’août il ne savait toujours pas s'il l'avait obtenu.  Personne ne lui a dit.

D'une mauvaise graine mais d'une graine d'humain.


Jérémy

Case toi...

Toi t'es...
un sortant de prison à réinsérer,
un SDF à loger,
un patient...impatient à soigner,
un tox à désintoxiquer,
tu es un voleur à emprisonner
tu es bipolaire à traiter
là tu es un sortant de prison demandeur d'emploi à réinsérer de nouveau
Mais surtout...toi, tais...toi...

Jérémy

vendredi 21 juillet 2017

C'est fini et pourtant...

.
C'est la fin et pourtant...
Et pourtant, je commence juste..
Je commence juste à le connaitre ce quartier.
Je commence juste à prendre confiance en ce que je pense.
Je commence juste à l'avoir ce lien avec les jeunes...
C'est fini et pourtant...
Ça ne fait qu'un an que j'suis en poste.
Ça ne fait qu'un an que cette relation je tente tout les jours de la mettre en place.

C'est fini parce que
Parce que je suis le dernier arrivé...
Parce qu'on me dis que : Peut être...Surement...
Parce que mon poste va sauter.
Parce que la prévention spécialisé va mal.

C'est fini et pourtant
C'était riche, riche d'humanité, riche de rencontre, riche de sens

J'y croyais, j'y crois ? peut être encore... Il faut...

Il faudra donc tout recommencer autre part, ailleurs, différemment, c'est comme ça.

C'est fini et pourtant ce n'était que le début..


Jérémy 

jeudi 27 avril 2017

J'aspire...

Je refuse la différence, la différence qui fait peur, la différence qui juge parce qu'il y a une différence, la différence qui condamne par peur, au cas ou... 
J'invoque la différence, la différence qui permet l'enrichissement, la différence qui permet l'ouverture sur le monde, la différence qui permet de dire que l'homme est un puits sans fond et...tant mieux. 
J'aspire à ce que la conscience collective prenne consciences que le plus beau des voyages se trouvent dans la rencontre de l'autre...
J'implore l'Humanité dans sa complexité, dans ses ambiguïtés, dans ses paradoxes...  
Je déplore la suspicion, qui à l'image de ce serpent vient susurrer à l'oreille que l'autre n'est pas comme il devrait être, qu'il n'est pas à sa place ici, qui se propage et s'incruste, qui se métamorphose en rumeur puis en vérité.
Je condamne l'inertie, le nombrilisme et la fatalité ces forces maléfiques qui figent l'esprit, qui restreignent le champs des possibles et qui n'ont de finalité qu'elles mêmes.
Je leur oppose la spontanéité, l'imprévu et la créativité.
Jérémy



                                                                                                                                                       Jérémy

mercredi 5 avril 2017

Pour combien de temps encore ?


Je sais ce que je veux faire dans la vie depuis mes 13ans.
Le choix de mon bac, de mes options, l’année sabbatique prise pour l'expérience et vieillir un peu avant de passer les concours, ces fameux concours !
Trois ans de formation, quinze mois de stage, des dossiers à n’en plus finir, un mémoire...
Putain de réforme, je validerai le dernier DC l’année prochaine.
Je vais enfin pouvoir commencer à bosser, je postule un peu, pas trop, la "prév", seulement la "prév".
Quelques semaines de vacances quand même, on ne sait jamais si les prochaines tardent à venir, au moins je commencerai en pleine forme.
Et puis c’est parti :
Septembre 2011 : CDI je rencontre des collègues, des motivés, d’autres moins, des vieux de la vieille, d’autres moins, des cons, d’autres moins...
J’ai envie de changer le monde, de vivre le quartier de donner le maximum pour voir les jeunes avancer, se trouver, se construire.
Au début la motivation est tellement forte que les petits obstacles, les murs et les nids de poule je ne les voit pas, je les saute en fermant les yeux :
« Des séjours de quatre jours uniquement ? c’est toujours ça et c’est mieux que rien ».
« Tout le monde ne veut pas décaler ses horaires en été ou faire des soirées ? ce n'est pas grave nous on le fera ».
« Les sans pap de la place ne font pas parti de notre public ? c’est pas un soucis on les accueillera discrètement ».
Avec le temps les embuches se sont accentuées, les murs ont grandis eux aussi, et la motivation vas en dent de scie.
Les questionnements ne trouvent pas de réponse.
Les rendus compte n’ont plus de sens.
Les valeurs de l’association se perdent, ou plutôt on ne les retrouve pas, ces valeurs.
Mais au fait quelles valeurs ?
C’est peut être ça le problème, les valeurs, parce que j’en ai moi des valeurs, j’en déborde même...
Mais eux ? ceux qui nous financent ? ceux qui nous valident ? ceux qui nous cadrent ? elles sont où leur putain de valeurs ?
Il leur suffit de protéger quelques emplois à tout prix ? D’accepter de tout céder sous prétexte de continuer à exister ?
Le fond du problème personne n’en parle, les jeunes, ces êtres humains (Oui, oui ! ils sont humains tout comme eux, tout comme nous).
Ca démotive tout ça, ça pousse même à lâcher quelques unes de mes valeurs en route, juste parce que ça deviens trop dure de les tirer encore et encore, avec les obstacles, les murs et les nids de poule…


Le problème c’est qu’en les lâchant, je perds un peu de moi, de l’"éduc" que j’étais il y a six ans, celle qui fonçait tête baissée, celle qui ne comptait pas ses heures, celle qui était convaincue par son "taff" et qui y croyait dure comme fer. L’autre problème en les lâchant ces valeurs, c’est que tout est un peu plus compliqué maintenant, le sens plus difficile à trouver.
Alors oui, je sais ce que je veux faire dans la vie depuis que j’ai 13ans, mais je ne sais pas combien de temps je tiendrai encore.
Léa

vendredi 24 février 2017

Tu es entré !




Tu es entré dans cette pièce,
Entré dans mon cœur,
Le regard un peu perdu, déçu, abattu !
Mais tu es entré dans cette pièce
Un sentiment inconnu,
tu m’as ému
Je n’ai pas peur, non !
Je ne t’aime pas, non !
Mais tu m’as ému
Un sourire timide, es-tu au bon endroit ?       
Je ne sais pas !
Tu avances vers moi
Assieds toi,
Parle moi, je suis là?
Lève les yeux !
Dis-moi ce que tu veux
Lève les yeux !
Les mots ne viennent pas,
Pour toi comme pour moi
Tu es beau dans ta détresse
Un sentiment inconnu, tu m’as ému
Je sais que je peux t’aider !
Rester à tes cotés, t’accompagner.
Pourquoi ? je ne sais pas
Dis le moi !
Tu es entré dans cette pièce, entré dans mon cœur
Peut être ai-je besoin de toi moi aussi ?
Je ne suis peut être pas à ma place ici
Tes yeux me fuient
Tu regardes la porte
Je m’apprête à te voir partir
Mais tu ne bouge pas
Est-ce moi qui te fais peur ?
S’il te plait sèche tes pleurs
Un sentiment inconnu, tu m’as ému
Avec toi, je dois me rendre utile
Mais je reste immobile
Tes larmes continuent à couler
Et je ne peux toujours pas parler
La gène m’envahi
Tu es entré dans cette pièce
Ce sont mes faiblesses qui apparaissent
Aucun son, aucun bruit,
Un silence qui déstabilise
Tes larmes commencent à sécher
Mais tu n’es pas décider à vouloir parler
Un silence qui déstabilise
Pesant, assaillant, un néant
Tu finis par me regarder
Des yeux pleins de reproches, de rancunes et d’affection
Tu finis par te lever
Une main reconnaissante se pose sur mon épaule
Un sentiment inconnu
Un regard
Tu pars
En silence, comme tu es arrivé
Je ne bouge pas je reste planté
Je n’ai rien put faire
Mais je suis soulagée, vidée
Ce sentiment inconnu ?
Compassion, incompréhension tension, indisposition
Je n’ai rien pu faire
Mais tu es entré dans cette pièce
Entré dans mon cœur
Tu es reparti
Mais resté dans mon cœur
Si quelqu’un repasse cette porte,
Si quelqu’un entre dans cette pièce
Je repenserai à toi
Toi pour qui je n’ai rien pu faire
Mais toi qui as pleuré
Toi qui s’es tu,
Toi qui es parti.
.




                                    Léa