vendredi 21 juillet 2017

C'est fini et pourtant...

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C'est la fin et pourtant...
Et pourtant, je commence juste..
Je commence juste à le connaitre ce quartier.
Je commence juste à prendre confiance en ce que je pense.
Je commence juste à l'avoir ce lien avec les jeunes...
C'est fini et pourtant...
Ça ne fait qu'un an que j'suis en poste.
Ça ne fait qu'un an que cette relation je tente tout les jours de la mettre en place.

C'est fini parce que
Parce que je suis le dernier arrivé...
Parce qu'on me dis que : Peut être...Surement...
Parce que mon poste va sauter.
Parce que la prévention spécialisé va mal.

C'est fini et pourtant
C'était riche, riche d'humanité, riche de rencontre, riche de sens

J'y croyais, j'y crois ? peut être encore... Il faut...

Il faudra donc tout recommencer autre part, ailleurs, différemment, c'est comme ça.

C'est fini et pourtant ce n'était que le début..


Jérémy 

jeudi 27 avril 2017

J'aspire...

Je refuse la différence, la différence qui fait peur, la différence qui juge parce qu'il y a une différence, la différence qui condamne par peur, au cas ou... 
J'invoque la différence, la différence qui permet l'enrichissement, la différence qui permet l'ouverture sur le monde, la différence qui permet de dire que l'homme est un puits sans fond et...tant mieux. 
J'aspire à ce que la conscience collective prenne consciences que le plus beau des voyages se trouvent dans la rencontre de l'autre...
J'implore l'Humanité dans sa complexité, dans ses ambiguïtés, dans ses paradoxes...  
Je déplore la suspicion, qui à l'image de ce serpent vient susurrer à l'oreille que l'autre n'est pas comme il devrait être, qu'il n'est pas à sa place ici, qui se propage et s'incruste, qui se métamorphose en rumeur puis en vérité.
Je condamne l'inertie, le nombrilisme et la fatalité ces forces maléfiques qui figent l'esprit, qui restreignent le champs des possibles et qui n'ont de finalité qu'elles mêmes.
Je leur oppose la spontanéité, l'imprévu et la créativité.
Jérémy



                                                                                                                                                       Jérémy

mercredi 5 avril 2017

Pour combien de temps encore ?


Je sais ce que je veux faire dans la vie depuis mes 13ans.
Le choix de mon bac, de mes options, l’année sabbatique prise pour l'expérience et vieillir un peu avant de passer les concours, ces fameux concours !
Trois ans de formation, quinze mois de stage, des dossiers à n’en plus finir, un mémoire...
Putain de réforme, je validerai le dernier DC l’année prochaine.
Je vais enfin pouvoir commencer à bosser, je postule un peu, pas trop, la "prév", seulement la "prév".
Quelques semaines de vacances quand même, on ne sait jamais si les prochaines tardent à venir, au moins je commencerai en pleine forme.
Et puis c’est parti :
Septembre 2011 : CDI je rencontre des collègues, des motivés, d’autres moins, des vieux de la vieille, d’autres moins, des cons, d’autres moins...
J’ai envie de changer le monde, de vivre le quartier de donner le maximum pour voir les jeunes avancer, se trouver, se construire.
Au début la motivation est tellement forte que les petits obstacles, les murs et les nids de poule je ne les voit pas, je les saute en fermant les yeux :
« Des séjours de quatre jours uniquement ? c’est toujours ça et c’est mieux que rien ».
« Tout le monde ne veut pas décaler ses horaires en été ou faire des soirées ? ce n'est pas grave nous on le fera ».
« Les sans pap de la place ne font pas parti de notre public ? c’est pas un soucis on les accueillera discrètement ».
Avec le temps les embuches se sont accentuées, les murs ont grandis eux aussi, et la motivation vas en dent de scie.
Les questionnements ne trouvent pas de réponse.
Les rendus compte n’ont plus de sens.
Les valeurs de l’association se perdent, ou plutôt on ne les retrouve pas, ces valeurs.
Mais au fait quelles valeurs ?
C’est peut être ça le problème, les valeurs, parce que j’en ai moi des valeurs, j’en déborde même...
Mais eux ? ceux qui nous financent ? ceux qui nous valident ? ceux qui nous cadrent ? elles sont où leur putain de valeurs ?
Il leur suffit de protéger quelques emplois à tout prix ? D’accepter de tout céder sous prétexte de continuer à exister ?
Le fond du problème personne n’en parle, les jeunes, ces êtres humains (Oui, oui ! ils sont humains tout comme eux, tout comme nous).
Ca démotive tout ça, ça pousse même à lâcher quelques unes de mes valeurs en route, juste parce que ça deviens trop dure de les tirer encore et encore, avec les obstacles, les murs et les nids de poule…


Le problème c’est qu’en les lâchant, je perds un peu de moi, de l’"éduc" que j’étais il y a six ans, celle qui fonçait tête baissée, celle qui ne comptait pas ses heures, celle qui était convaincue par son "taff" et qui y croyait dure comme fer. L’autre problème en les lâchant ces valeurs, c’est que tout est un peu plus compliqué maintenant, le sens plus difficile à trouver.
Alors oui, je sais ce que je veux faire dans la vie depuis que j’ai 13ans, mais je ne sais pas combien de temps je tiendrai encore.
Léa

vendredi 24 février 2017

Tu es entré !




Tu es entré dans cette pièce,
Entré dans mon cœur,
Le regard un peu perdu, déçu, abattu !
Mais tu es entré dans cette pièce
Un sentiment inconnu,
tu m’as ému
Je n’ai pas peur, non !
Je ne t’aime pas, non !
Mais tu m’as ému
Un sourire timide, es-tu au bon endroit ?       
Je ne sais pas !
Tu avances vers moi
Assieds toi,
Parle moi, je suis là?
Lève les yeux !
Dis-moi ce que tu veux
Lève les yeux !
Les mots ne viennent pas,
Pour toi comme pour moi
Tu es beau dans ta détresse
Un sentiment inconnu, tu m’as ému
Je sais que je peux t’aider !
Rester à tes cotés, t’accompagner.
Pourquoi ? je ne sais pas
Dis le moi !
Tu es entré dans cette pièce, entré dans mon cœur
Peut être ai-je besoin de toi moi aussi ?
Je ne suis peut être pas à ma place ici
Tes yeux me fuient
Tu regardes la porte
Je m’apprête à te voir partir
Mais tu ne bouge pas
Est-ce moi qui te fais peur ?
S’il te plait sèche tes pleurs
Un sentiment inconnu, tu m’as ému
Avec toi, je dois me rendre utile
Mais je reste immobile
Tes larmes continuent à couler
Et je ne peux toujours pas parler
La gène m’envahi
Tu es entré dans cette pièce
Ce sont mes faiblesses qui apparaissent
Aucun son, aucun bruit,
Un silence qui déstabilise
Tes larmes commencent à sécher
Mais tu n’es pas décider à vouloir parler
Un silence qui déstabilise
Pesant, assaillant, un néant
Tu finis par me regarder
Des yeux pleins de reproches, de rancunes et d’affection
Tu finis par te lever
Une main reconnaissante se pose sur mon épaule
Un sentiment inconnu
Un regard
Tu pars
En silence, comme tu es arrivé
Je ne bouge pas je reste planté
Je n’ai rien put faire
Mais je suis soulagée, vidée
Ce sentiment inconnu ?
Compassion, incompréhension tension, indisposition
Je n’ai rien pu faire
Mais tu es entré dans cette pièce
Entré dans mon cœur
Tu es reparti
Mais resté dans mon cœur
Si quelqu’un repasse cette porte,
Si quelqu’un entre dans cette pièce
Je repenserai à toi
Toi pour qui je n’ai rien pu faire
Mais toi qui as pleuré
Toi qui s’es tu,
Toi qui es parti.
.




                                    Léa

Et lui...il en pense quoi ??

-Aujourd'hui, j'ai rencontré un jeune ! En fait...Non...Il est obligé de venir nous voir...
- Pas grave ?!-
-Non sauf que... Club de prév... Absence de mandat, libre adhésion...
-Pourquoi il est obligé ?
-Apparemment c'est un voleur, menteur, bagarreur...
-Il est viré, alors ?!
-En fait...Non...Il est obligé pendant une semaine de rencontrer différentes structures/ services...D'être en lien avec des adultes, qui lui font découvrir un métier.
-Ah...
-Mais faut pas que ça lui donne trop envie de revenir quand même.. faut qu'il comprenne quand même !!
-Ah ! Donc, il est obligé de venir vous voir alors que chez vous ce n'est pas obligatoire, il est viré mais pas complètement, il doit rencontrer des adultes qui doivent lui faire comprendre que c'est dur le travail et que la vie des adultes n'est pas marrante...C'est ça ?!  
-.....Oui !
-Pourquoi ??
-Parce que : 
Pour nous, on pense que c'est malgré tout un moyen de créer du lien.
Pour mon chef de service, c'est l'opportunité de travailler le partenariat et de rester en lien avec.. nos financeurs...
Pour le mec qui s'occupe du service des sports, bah... il a l'habitude, il en a vu des pires et avec lui ça se passe bien, ils comprennent...
Pour l'espace jeune, euh... ils n'ont pas vraiment le choix c'est un service de la mairie, mais il ne faut pas qu'il entre en relation avec les autres jeunes, tu comprends il n'est pas là pour s'amuser...
Pour le service médiation prévention, c'est pour son bien et puis le médiateur il sera toujours là s'il a besoin, parce que lui il en a vu d'autre, il les a prévenus....Avant qu'ils ne soient prévenus...
Pourtant, il leur avait dit que s'ils continuaient ils iraient...en prison parce que lui, lui il...sait.
Ils ont pleuré dans ses bras...en prison  Alors ils l'ont remercié, il avait raison. Si seulement il l'avait écouté...Si seulement il l'avait écouté lui qui savait...
Pour le proviseur, c'est la dernière chance parce que même s'il est souple et tolérant lui...bah... les voleurs, menteurs, violents faut qu'ils se rendent compte de leurs actes, qu'ils réfléchissent à leurs bêtises et quel meilleur moyen que de nettoyer des tribunes avec des adultes qui vont lui faire comprendre que la vie c'est...dur. Parce que lui forcément il avait pas encore pigé... Faut quand même pas lui donner envie de recommencer ses conneries là.
Pour son père qui pleure tout ce qu'il peut c'est le déshonneur de son propre fils et ça ne peut rien être d'autre face à ce premier tribunal scolaire...

-Et pour toi alors c'est quoi ce jeune ?
-C'est un gamin, c'est un gamin qui à réussi en trois mois à s'intégrer dans un collège. C'est un gamin qui connait tout sur la mécanique, c'est un gamin qui ne veut pas parler de lui parce que de lui on ne lui en a jamais parlé..
C'est un gamin qui a été séparé de sa famille et qui a été placé en foyer mais qui... ne sait pas pourquoi... 
C'est un gamin qui a un papa au chômage et qui ne parle pas un mot Français...

Jérémy





jeudi 8 décembre 2016

Docteur Jekyll & Mister Hyde





Ce petit gars dont tu parles, il est plutôt sympa, plutôt marrant, plutôt poli et souriant  
Ce petit gars on t'en parle comme plutôt sauvage, plutôt violent, plutôt vicieux presque délinquant...
T'as beau chercher tu comprends pas !
Ce petit gars dont tu parles, il est dynamique, plein de vie, un brin provocateur
Ce petit gars on t'en parle comme insolent, en voie de marginalisation, sur le file... 
T'as beau chercher tu vois toujours pas !!
On parle du même ?
Pour eux c'est : 
-Viré 4 fois, avertissements. Conseil de discipline, convocation chez le maire... C'est désolant  
Pour toi c'est :  
-Croisé 20 fois, il prend les devants, squatte gentiment
C'est quoi le délire...
Tu cherches, tu creuses, tu prends le temps et petit à petit...tu commences à comprendre : 
Il est bien ce gamin, il parle questionne échange, il partage, il s'amuse. 
Il est bien quand il peut, quand il sent qu'il a le droit, quand il a confiance, quand tu lui a donné tout l’espace, toute ton attention, zéro jugement.
Et là ! Arrivent les autres, les copains, les potos, les blagues provocs, les p'tites insultes. 
Il prend des risques, il est insouciant.
 Il a changé il rit plus fort, il parle plus fort, il vit plus fort.
Tu fais les liens, tu raccroches les wagons, tu vois bien maintenant de qui ils parlent, ce jeune sans foi ni loi, cette tête brûlée petit caïd sur le quartier. 
Tu vois maintenant les deux faces de la même pièce...
 Mais ça ne change pas, tu ne craques pas,
 Ce n'est pas que ça lui, tu le sais et tu ne cèdes pas, tu le connais toi.
Alors tu continuera, 
Le boulot ne s'arrêtera pas la. Tu ne lâchera pas toi. 
Il en aura besoin alors tu ne baissera  pas les bras.
Que ce soit pour Docteur Jekyll comme pour Mister Hyde.

Léa, Jérémy 

dimanche 20 novembre 2016

Tu vois quoi sur cette page ?

Il gêne l'œil sur cette feuille blanche, il prend la tête sur cette feuille blanche, il agace. On ne voit que lui. A tel point que la feuille paraît toute noire. A tel point que putain il est plus présent que le reste de la feuille...blanche !
Ce point noir il n'est pas très grand mais curieusement il prend toute la place.
C'est un gouffre ce...petit point noir, un trou...noir ce petit point...noir.
C'est une tâche sur une feuille vierge de tout, ça gâche tout c'est foutu on ne voit que ça !
Ce point noir il ne...disparaîtra pas il,est là.
Pourtant il est tout petit !!!
Pourtant !
Le point noir c'est la fin d'une phrase, le passage à la ligne, et si on y met une majuscule le début d'une nouvelle phrase, voire d'une nouvelle page et pourquoi pas d'une nouvelle Histoire !
Cette nouvelle histoires s'écrit sur une page vierge ? Non ! Blanche !
Le reste de la page est blanc,  le reste va bien alors pourquoi laisser ce petit point noir entraver l'avenir ? Pourquoi focaliser son attention sur ce tout petit point noir ?
Sûre que ce petit point noir peut permettre la découverte de cette feuille blanche et pourquoi pas de la colorier en...jaune, bleu, rouge...vert.
Sûre que ce tout petit point noir peut disparaitre. 

A toi de voir s'il doit être le point final ou le point de départ !

Jérémy