Toi t'es...
un sortant de prison à réinsérer,
un SDF à loger,
un patient...impatient à soigner,
un tox à désintoxiquer,
tu es un voleur à emprisonner
tu es bipolaire à traiter
là tu es un sortant de prison demandeur d'emploi à réinsérer de nouveau
Mais surtout...toi, tais...toi...
Jérémy
Éducateur spécialisé depuis 2012, je constate tous les jours le fossé qui se creuse entre les valeurs pour lesquelles je me suis lancé dans ce métier et leur utilisation sur le terrain. Parfois (souvent...) je n'y comprends rien ! Pourtant, je suis sûr qu'il existe des pratiques qui méritent d'être exposées, partagées... Alors parlons en, écrivons, partageons...
jeudi 28 septembre 2017
vendredi 21 juillet 2017
C'est fini et pourtant...
.
C'est la fin et pourtant...
Et pourtant, je commence juste..
Je commence juste à le connaitre ce quartier.
Je commence juste à prendre confiance en ce que je pense.
Je commence juste à l'avoir ce lien avec les jeunes...
C'est fini et pourtant...
Ça ne fait qu'un an que j'suis en poste.
Ça ne fait qu'un an que cette relation je tente tout les jours de la mettre en place.
C'est fini parce que
Parce que je suis le dernier arrivé...
Parce qu'on me dis que : Peut être...Surement...
Parce que mon poste va sauter.
Parce que la prévention spécialisé va mal.
C'est fini et pourtant
C'était riche, riche d'humanité, riche de rencontre, riche de sens
J'y croyais, j'y crois ? peut être encore... Il faut...
Il faudra donc tout recommencer autre part, ailleurs, différemment, c'est comme ça.
C'est fini et pourtant ce n'était que le début..
Jérémy
Jérémy
jeudi 27 avril 2017
J'aspire...
Je refuse la différence, la différence qui fait peur, la différence qui juge parce qu'il y a une différence, la différence qui condamne par peur, au cas ou...
J'invoque la différence, la différence qui permet l'enrichissement, la différence qui permet l'ouverture sur le monde, la différence qui permet de dire que l'homme est un puits sans fond et...tant mieux.
J'aspire à ce que la conscience collective prenne consciences que le plus beau des voyages se trouvent dans la rencontre de l'autre...
J'implore l'Humanité dans sa complexité, dans ses ambiguïtés, dans ses paradoxes...
Je déplore la suspicion, qui à l'image de ce serpent vient susurrer à l'oreille que l'autre n'est pas comme il devrait être, qu'il n'est pas à sa place ici, qui se propage et s'incruste, qui se métamorphose en rumeur puis en vérité.
Je condamne l'inertie, le nombrilisme et la fatalité ces forces maléfiques qui figent l'esprit, qui restreignent le champs des possibles et qui n'ont de finalité qu'elles mêmes.
JérémyJe leur oppose la spontanéité, l'imprévu et la créativité.
Jérémy
mercredi 5 avril 2017
Pour combien de temps encore ?
Je sais
ce que je veux faire dans la vie depuis mes 13ans.
Le choix de mon bac, de mes options, l’année sabbatique prise pour l'expérience et vieillir un peu avant de passer les concours, ces fameux concours !
Trois ans de formation, quinze mois de stage, des dossiers à n’en plus finir, un mémoire...
Putain de réforme, je validerai le dernier DC l’année prochaine.
Je vais enfin pouvoir commencer à bosser, je postule un peu, pas trop, la "prév", seulement la "prév".
Quelques semaines de vacances quand même, on ne sait jamais si les prochaines tardent à venir, au moins je commencerai en pleine forme.
Le choix de mon bac, de mes options, l’année sabbatique prise pour l'expérience et vieillir un peu avant de passer les concours, ces fameux concours !
Trois ans de formation, quinze mois de stage, des dossiers à n’en plus finir, un mémoire...
Putain de réforme, je validerai le dernier DC l’année prochaine.
Je vais enfin pouvoir commencer à bosser, je postule un peu, pas trop, la "prév", seulement la "prév".
Quelques semaines de vacances quand même, on ne sait jamais si les prochaines tardent à venir, au moins je commencerai en pleine forme.
Et puis
c’est parti :
Septembre
2011 : CDI je rencontre des collègues, des motivés, d’autres moins, des
vieux de la vieille, d’autres moins, des cons, d’autres moins...
J’ai envie de changer le monde, de vivre le quartier de donner le maximum pour voir les jeunes avancer, se trouver, se construire.
Au début la motivation est tellement forte que les petits obstacles, les murs et les nids de poule je ne les voit pas, je les saute en fermant les yeux :
J’ai envie de changer le monde, de vivre le quartier de donner le maximum pour voir les jeunes avancer, se trouver, se construire.
Au début la motivation est tellement forte que les petits obstacles, les murs et les nids de poule je ne les voit pas, je les saute en fermant les yeux :
« Des
séjours de quatre jours uniquement ? c’est toujours ça et c’est mieux que rien ».
« Tout
le monde ne veut pas décaler ses horaires en été ou faire des soirées ?
ce n'est pas grave nous on le fera ».
« Les
sans pap de la place ne font pas parti de notre public ? c’est pas un
soucis on les accueillera discrètement ».
Avec le
temps les embuches se sont accentuées, les murs ont grandis eux aussi, et la
motivation vas en dent de scie.
Les questionnements ne trouvent pas de réponse.
Les questionnements ne trouvent pas de réponse.
Les rendus
compte n’ont plus de sens.
Les valeurs de l’association se perdent, ou plutôt on ne les retrouve pas, ces valeurs.
Mais au fait quelles valeurs ?
Les valeurs de l’association se perdent, ou plutôt on ne les retrouve pas, ces valeurs.
Mais au fait quelles valeurs ?
C’est
peut être ça le problème, les valeurs, parce que j’en ai moi des valeurs, j’en
déborde même...
Mais eux ?
ceux qui nous financent ? ceux qui nous valident ? ceux qui nous
cadrent ? elles sont où leur putain de valeurs ?
Il leur
suffit de protéger quelques emplois à tout prix ? D’accepter de tout céder sous
prétexte de continuer à exister ?
Le fond
du problème personne n’en parle, les jeunes, ces êtres humains (Oui, oui ! ils sont
humains tout comme eux, tout comme nous).
Ca démotive tout ça, ça pousse même à lâcher quelques unes de mes valeurs en route, juste parce que ça deviens trop dure de les tirer encore et encore, avec les obstacles, les murs et les nids de poule…
Le problème c’est qu’en les lâchant, je perds un peu de moi, de l’"éduc" que j’étais il y a six ans, celle qui fonçait tête baissée, celle qui ne comptait pas ses heures, celle qui était convaincue par son "taff" et qui y croyait dure comme fer. L’autre problème en les lâchant ces valeurs, c’est que tout est un peu plus compliqué maintenant, le sens plus difficile à trouver.
Ca démotive tout ça, ça pousse même à lâcher quelques unes de mes valeurs en route, juste parce que ça deviens trop dure de les tirer encore et encore, avec les obstacles, les murs et les nids de poule…
Le problème c’est qu’en les lâchant, je perds un peu de moi, de l’"éduc" que j’étais il y a six ans, celle qui fonçait tête baissée, celle qui ne comptait pas ses heures, celle qui était convaincue par son "taff" et qui y croyait dure comme fer. L’autre problème en les lâchant ces valeurs, c’est que tout est un peu plus compliqué maintenant, le sens plus difficile à trouver.
Alors
oui, je sais ce que je veux faire dans la vie depuis que j’ai 13ans, mais je ne
sais pas combien de temps je tiendrai encore.
Léa
vendredi 24 février 2017
Tu es entré !
Tu
es entré dans cette pièce,
Entré
dans mon cœur,
Le
regard un peu perdu, déçu, abattu !
Mais
tu es entré dans cette pièce
Un
sentiment inconnu,
tu m’as ému
Je
n’ai pas peur, non !
Je
ne t’aime pas, non !
Mais
tu m’as ému
Un
sourire timide, es-tu au bon endroit ?
Je
ne sais pas !
Tu
avances vers moi
Assieds
toi,
Parle
moi, je suis là?
Lève
les yeux !
Dis-moi
ce que tu veux
Lève
les yeux !
Les
mots ne viennent pas,
Pour
toi comme pour moi
Tu
es beau dans ta détresse
Un
sentiment inconnu, tu m’as ému
Je
sais que je peux t’aider !
Rester
à tes cotés, t’accompagner.
Pourquoi ?
je ne sais pas
Dis
le moi !
Tu
es entré dans cette pièce, entré dans mon cœur
Peut
être ai-je besoin de toi moi aussi ?
Je
ne suis peut être pas à ma place ici
Tes
yeux me fuient
Tu
regardes la porte
Je
m’apprête à te voir partir
Mais
tu ne bouge pas
Est-ce
moi qui te fais peur ?
S’il
te plait sèche tes pleurs
Un
sentiment inconnu, tu m’as ému
Avec
toi, je dois me rendre utile
Mais
je reste immobile
Tes
larmes continuent à couler
Et
je ne peux toujours pas parler
La
gène m’envahi
Tu
es entré dans cette pièce
Ce
sont mes faiblesses qui apparaissent
Aucun
son, aucun bruit,
Un
silence qui déstabilise
Tes
larmes commencent à sécher
Mais
tu n’es pas décider à vouloir parler
Un
silence qui déstabilise
Pesant,
assaillant, un néant
Tu
finis par me regarder
Des
yeux pleins de reproches, de rancunes et d’affection
Tu
finis par te lever
Une
main reconnaissante se pose sur mon épaule
Un
sentiment inconnu
Un
regard
Tu
pars
En
silence, comme tu es arrivé
Je
ne bouge pas je reste planté
Je
n’ai rien put faire
Mais
je suis soulagée, vidée
Ce
sentiment inconnu ?
Compassion,
incompréhension tension, indisposition
Je
n’ai rien pu faire
Mais
tu es entré dans cette pièce
Entré
dans mon cœur
Tu
es reparti
Mais
resté dans mon cœur
Si
quelqu’un repasse cette porte,
Si
quelqu’un entre dans cette pièce
Je
repenserai à toi
Toi
pour qui je n’ai rien pu faire
Mais
toi qui as pleuré
Toi
qui s’es tu,
Toi
qui es parti.
.
Léa
Et lui...il en pense quoi ??
- Pas grave ?!-
-Non sauf que... Club de prév... Absence de mandat, libre adhésion...
-Pourquoi il est obligé ?
-Apparemment c'est un voleur, menteur, bagarreur...
-Il est viré, alors ?!
-En fait...Non...Il est obligé pendant une semaine de rencontrer différentes structures/ services...D'être en lien avec des adultes, qui lui font découvrir un métier.
-Ah...
-Mais faut pas que ça lui donne trop envie de revenir quand même.. faut qu'il comprenne quand même !!
-Ah ! Donc, il est obligé de venir vous voir alors que chez vous ce n'est pas obligatoire, il est viré mais pas complètement, il doit rencontrer des adultes qui doivent lui faire comprendre que c'est dur le travail et que la vie des adultes n'est pas marrante...C'est ça ?!
-.....Oui !
-Pourquoi ??
-Parce que :
Pour nous, on pense que c'est malgré tout un moyen de créer du lien.
Pour mon chef de service, c'est l'opportunité de travailler le partenariat et de rester en lien avec.. nos financeurs...
Pour le mec qui s'occupe du service des sports, bah... il a l'habitude, il en a vu des pires et avec lui ça se passe bien, ils comprennent...
Pour l'espace jeune, euh... ils n'ont pas vraiment le choix c'est un service de la mairie, mais il ne faut pas qu'il entre en relation avec les autres jeunes, tu comprends il n'est pas là pour s'amuser...
Pour le service médiation prévention, c'est pour son bien et puis le médiateur il sera toujours là s'il a besoin, parce que lui il en a vu d'autre, il les a prévenus....Avant qu'ils ne soient prévenus...
Pourtant, il leur avait dit que s'ils continuaient ils iraient...en prison parce que lui, lui il...sait.
Ils ont pleuré dans ses bras...en prison Alors ils l'ont remercié, il avait raison. Si seulement il l'avait écouté...Si seulement il l'avait écouté lui qui savait...
Pour le proviseur, c'est la dernière chance parce que même s'il est souple et tolérant lui...bah... les voleurs, menteurs, violents faut qu'ils se rendent compte de leurs actes, qu'ils réfléchissent à leurs bêtises et quel meilleur moyen que de nettoyer des tribunes avec des adultes qui vont lui faire comprendre que la vie c'est...dur. Parce que lui forcément il avait pas encore pigé... Faut quand même pas lui donner envie de recommencer ses conneries là.
Pour son père qui pleure tout ce qu'il peut c'est le déshonneur de son propre fils et ça ne peut rien être d'autre face à ce premier tribunal scolaire...
-Et pour toi alors c'est quoi ce jeune ?
-C'est un gamin, c'est un gamin qui à réussi en trois mois à s'intégrer dans un collège. C'est un gamin qui connait tout sur la mécanique, c'est un gamin qui ne veut pas parler de lui parce que de lui on ne lui en a jamais parlé..
C'est un gamin qui a été séparé de sa famille et qui a été placé en foyer mais qui... ne sait pas pourquoi...
C'est un gamin qui a un papa au chômage et qui ne parle pas un mot Français...
Jérémy
jeudi 8 décembre 2016
Docteur Jekyll & Mister Hyde
Ce
petit gars dont tu parles, il est plutôt sympa, plutôt marrant, plutôt
poli et souriant
Ce
petit gars on t'en parle comme plutôt sauvage, plutôt violent,
plutôt vicieux presque délinquant...
T'as
beau chercher tu comprends pas !
Ce petit gars dont tu parles, il est dynamique, plein de vie, un brin provocateur
Ce petit gars on t'en parle comme insolent, en voie de marginalisation, sur le file...
T'as
beau chercher tu vois toujours pas !!
On parle du même ?
Pour eux c'est :
-Viré
4 fois, avertissements. Conseil de discipline, convocation chez le maire... C'est désolant
Pour toi c'est :
-Croisé
20 fois, il prend les devants, squatte gentiment
C'est quoi le délire...
Tu cherches, tu creuses, tu prends le temps et petit à petit...tu commences à comprendre :
Il est bien ce gamin, il
parle questionne échange, il partage, il s'amuse.
Il est bien quand il
peut, quand il sent qu'il a le droit, quand il a confiance, quand tu
lui a donné tout l’espace, toute ton attention, zéro jugement.
Et
là ! Arrivent les autres, les copains, les potos, les blagues provocs,
les p'tites insultes.
Il prend des risques, il est insouciant.
Il prend des risques, il est insouciant.
Il a
changé il rit plus fort, il parle plus fort, il vit plus fort.
Tu fais les liens, tu raccroches les wagons, tu vois bien maintenant de qui ils parlent, ce jeune sans foi ni loi,
cette tête brûlée petit caïd sur le quartier.
Tu vois maintenant les deux faces de la même pièce...
Mais ça ne change pas, tu ne craques pas,
Ce n'est pas que ça lui, tu le sais et tu ne cèdes pas, tu le connais toi.
Alors
tu continuera,
Le boulot ne s'arrêtera pas la. Tu ne lâchera pas
toi.
Il en aura besoin alors tu ne baissera pas les bras.
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