jeudi 21 mars 2019

De la norme à l'exclusion il n'y a...

Il n'y a qu'une incompréhension...

Ils pensent : "Ils sont violents entre eux",
Ils disent : "On est obligé de se battre pour se faire respecter...pour ne pas être embêter...pour se défendre...au cas ou..."
Ils pensent : "Ils se coupent sans cesse la parole."
Ils disent : "On a peur de perdre notre idée de la tête alors, on ne peut pas écouter les autres, on a des choses à dire, on doit les dire tout de suite maintenant."
Ils pensent : "Ils parlent n'importe comment."
Ils disent : "On manque de mots, on veut dire mais...on manque de mots..." alors l'idée but, trébuche...et puis frustration.
Ils pensent : "Ils ne tiennent pas en place, bouge sans cesse, il y a un vrai problème de comportement."
Ils disent :  "On retient, on se retient toute la journée, sa boue la-dedans, assis, écouter ne pas parler... On a envie de crier, de hurler, de jouer..."

Il n'y a que des mots démons...

"Dehors", " J'en peux plus de lui...", "Il met le groupe en difficulté", "Les parents ne font plus rien, il y a une déresponsabilisation des parents", "Collé"...
Les douces violences du quotidien...
Histoire d'une domination d'adulte sous-prétexte... Qu'ils savent mieux ?
Par peur, surtout...de...ce qu'ils n'ont pas pu, su être au même âge ? Par peur de cette vague de liberté qui rappelle...

Il n'y a qu'une différence...

Pas tout à fait pareil, pas tout à fait ce qu'on attend d'eux, un peu plus ou pas assez...Juste ce qu'il faut pour se dire que ce petit point noir au milieu de cette grande feuille blanche prend toute la place.
Alors, ils s'adaptent et adoptent un pseudo comportement "normé" en décalage avec ce qu'ils sont.
Ils tiennent le discours mais de fait les actes ne peuvent pas suivre.
Situation impossible, entre volonté d'être soi et peur d'être exclu car trop soi.
Ils disent ce que l'on attend d'eux, ils connaissent la règle du jeu...Mais...
Cette règle écrite par quelques uns pour quelques uns...

Jérémy

vendredi 8 mars 2019

La relation

Depuis la première rencontre du temps est passé...
On s'est toisé, croisé...Puis on s'est apprivoisé.

jeudi 14 février 2019

Un morceau de shit..comme passeport pour ailleurs !

Il est là posté, limite prostré. Son regard perdu dans une impossible projection. Son postérieur posé sur le banc du quai...RER C.
Un morceau de shit caché dans la chaussette, comme passeport pour ailleurs.
Le temps est morose, la neige de la veille laisse place à la grisaille du jour, grisaille extérieure semblable à sa misère intérieure.
Caler entre sa capuche et ses écouteurs comme intouchable, impénétrable...
Un soleil coincé entre deux nuages... Seuls ses rayons sont visibles, si tentés qu'on prenne le temps de les observer...
Alors il sort une clope qu'il prend soin de caler derrière son oreille, une feuille qu'il fait en sorte de bien lisser, puis il prend son shit et son briquet.
Ses deux mains s’élancent dans un balai aux odeurs exotiques.
D'une main son ceaumor, de l'autre son briquet il commence à effriter...
Les premiers effluves, comme la promesse d'un voyage en préparation...
Il est 8h20 c'est en réalité, le deuxième de la journée, impossible de se lever sans un premier pétard, ou la fin d'un dernier cul de joint de la veille... Du coup, il le dose gentiment juste ce qu'il faut...
Non pas qu'ils craignent les effets, ça fait un moment qu'il a l'impression de ne plus rien sentir, juste par principe c'est ainsi.
Puis il pose délicatement mais machinalement ses boulettes au creux de sa main,
Ensuite, il ôte sa clope de son oreille, humidifie de ce qu'il faut le papier pour pouvoir proprement sortir le tabac et mélanger le tabac à son shit.
Il sort sa feuille lissée mais suffisamment incurvée pour y poser délicatement le matos.
Au millimètre dans une précision d'horloger tout est minutieux...
Ces premiers gestes comme un espoir d'un ailleurs meilleurs présent immédiatement... Ici là au milieu de nul part, au bout du quai du RER C.
Il place un toncar avec un vieux ticket de métro qui lui traîne dans la poche... Il commence alors à rouler le tout, puis former un cône qu'il joint et colle à l'aide de sa salive...
Il prend le temps de tasser... Sur son genou...Jette sa queue de souris...
Puis, puis... Avec son briquet se langui d'une première taffe...
Malgrés la promesse du plaisir, les sourcils sont froncés, le teint est pâle, le visage est triste...
L'espoir s'incarne à travers l'idée de ces premières taffes...
Arf face à sa grisaille, bien avisé celui qui aurait fait différemment.
La flamme de son briquet, l'illusion de pouvoir chasser cette morosité intérieur.

Jérémy






mercredi 30 janvier 2019

"Aller vers"

La prévention spécialisée dans les locaux de la ferme de Champagne le sacro-saint de la "rééducation spécialisée"...La PJJ...
Un gouffre dans la manière de travailler : la libre adhésion d'un côté, l'obligation de l'autre...l'absence de mandat, le jugement pour ligne directrice...l'anonymat, les rapports au juge...
Pourquoi ? Pour parler addiction... avec les jeunes.
Le cadre de la "prév" est garantie par l'équipe sur place alors on y va.
Les jeunes on ne les connait pas, jamais vus, jamais entendu parlé et tant mieux.
On y est et...ils sont là...
Il est midi on a prévu de manger avec eux.
Attablés...Ils sont quatre ce jour là. Deux places sont libres entre eux, l'une en face de l'autre.
Téléphone portable, écouteurs sont sorties...
Alors les regards sont intrigués quand on entre dans le réfectoire "C'est qui eux ? ".
Sa fuse dans les têtes, les regards sont pesants, jugeant, inquiets ?
Les jeunes ont presque fini de manger, deux places  libres entre eux et au milieu de la table...
Pas évident ! Pourtant si on n'y va pas inutile d’espérer quoique se soit... En même temps c'est leur temps de pause déjeuner, tranquille... Hésitation.
Cette hésitation c'est un mélange de gêne, de peur de l'inconnu de la relation , de se faire recaler... C'est le moment ou l'on commence à grimper à une falaise et l'on espère être bien assuré...Cette falaise c'est celle de la rencontre, de l'altérité, de la relation...
Ce moment, c'est le moment pour lequel on est là.
Alors on y va : "Bonjour, ça vous dérange si on mange avec vous ? "
Basique mais décidé, une vraie envie d'être là, avec eux, de partager.
Une vraie envie qu'ils sentent cette intention, l'intention autant que les mots, le corps autant que l'esprit.
"Non pas de soucis".
Le premier pas est fait on est parmi eux, juste à côté, côté à côté, dans la forme comme sur le fond.
Maintenant il faut tisser... Tisser le lien entre eux et nous.
Alors, on sort les outils. Pour des bricoleurs de la relation, on prend le temps de se présenter, on toise les réactions puis on balance les questions, entre le trop et la question qui va déverrouiller.
Qui va permettre l'échange, qu'ils nous reconnaissent et que les premières barrières tombent, qu'ils lâchent un peu prise.
Alors on continue on joue d'humour, d'explication, d'écoute, de considération... On parle de produits, de réduction des risques, de prise de risques, de plaisir...de nous "et toi tu fumes ? ".
Le temps passe ils sont restés avec nous alors qu'ils avaient fini. Une ébauche de lien s'est créée, des graines sont lancées, une première rencontre a eu lieu.

Et puis, la satisfaction d'avoir accompli quelque chose ce jour là se résume en une phrase
"Mais vous êtes entrain de travailler là ?"

Jérémy



dimanche 23 décembre 2018

Des mots...démons !

Des mots démons j'en ai plein la tête. Alors je tente de mettre des mots quitte à exprimer mes maux.


Parfois j'ai des mots de cœurs alors je manque de mots et quand mon moteur s'épuise je parle a demi mots et je subis des moqueries. Mauvais trip d'une mortelle envie de plus de mots.
Des mots-tivés m’entraînent vers un mot plus haut que l'autre sans savoir, si ce mot sert la pensée...
Des maux en mots, mis bout à bout j'en ai plein mon escarcelle.
Alors, des mots argumentés, aiguisés comme une lame de couteau viennent cisailler
Des mots blessants sitôt des mots de têtes surgissent, arf démonstrations

Des mots emballés de rondeur de douceur pour flatter, farder, flaner

jeudi 20 décembre 2018

Ce texte c'est un truc plombant...


Ce texte c'est un truc plombant, plombé, routinier...Un sale temps de novembre, un truc qui se répète et que n'a de cesse de se répéter... Un truc qui sent le bitume, c'est dur le bitume...Un truc pérave, périmé...
Visage tendu file d'attente il est 5h du mat l'étendard flotte au dessus de tous.
Pourtant sur leur papier aucun n'a le drapeau bleu, blanc, rouge...
Barrière surveillée, calibre chargé, gilet par balle l'apanage des soldats de la république.Au cas ou, juste au cas ou...Surveillées, vos libertés sont surveillées...
Alors on se faufile, on file si tenté que l'on ne se soit pas trompé de file...On tisse, notre fil dans cette toile d'araignée à taille humaine...Ne surtout pas la faire vibrer sinon la toile se referme et il faudra recommencer...
De toute façon il faudra recommencer, les règles ne sont pas les mêmes pour tous, les interlocuteurs différents d'un jour à l'autre, on croit que...mais non, il manque un justificatif de présence sur le territoire d'il y a...8 ans...Un trou dans le parcours, comme une menace pour le pays..."Elle était ou ce temps là ? "Merci de ramener un justificatif, médical, social, scolaire..."
Presque à un fil....
Alors on y retournera...
Et puis, et puis ce jour là ce n'est encore pas la même personne et puis le nom du père ne coïncide pas avec l’extrait d'acte de naissance de sa fille...Le fil n'a pas vibré, il a tremblé, il s'est rompu...non pas tout à fait...Un espoir, on tient sur un....
On y retournera pourvu qu'à pile ou face...

Jérémy


jeudi 13 décembre 2018

Cancer

le mal a dit, la maladie... C'est mal dit mais dit
En concert, le cancer est déconcertant...
Ta gamme à toi c'est d'être là sans prévenir, sournois tu te glisses te hisses puis tu tisses ta toile
Quand c'est que tu te casses ?
Quand c'est que tu ne te crois pas tout permis ?
Tapis, tu ronges l’intérieur à en crever. Tu n'épargnes pas non plus l’extérieur dans une danse morbide des émotions.
Quand c'est que tu te casses ?
Tu aimes quand c'est rance, quand sert l'atmosphère !
Tu aimes quand le sermon sonne.